cartoon network porn
famous cartoon porn
3d cartoon porn

No: 094, Janvier - Ocak - January 2018

les actuels || günceller || actuals
struzik, françois

struzik, françois

kısmat deluxe

Lundi, 28 Novembre 2011 10:48 Published in photo || foto

01: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - destroyed by the earthquake
02: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - IDP's living under tents
03: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 -  markaz
04: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - sorrow
05: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - talibs keeping the mosque
06: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - riding the heart rickshaw with talibs
07: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - women comity in the moutain
08: Muzaffarabad, Azad Jammu Kashmir (Pakistani Ad. Kashmir) - 2006 - afghani restaurant
09 : Sidi Ali, Meknès, Morocco - 2009 - Hamadcha musicians
10: Sidi Ali, Meknès, Morocco - 2009 - a Lilla to deal with the Djinn's
11: Sidi Ali, Meknès, Morocco - 2009 - trance during a Lilla
12: Sidi Ali, Meknès, Morocco - 2009 - fire as a proof of the Djinn's
13: Sidi Ali, Meknès, Morocco - 2009 - fire as a proof of the Djinn's
14: Sidi Ali, Meknès, Morocco - 2009 - after the sacrifice
15: Tunceli, Turkey - 2009 - home prayer
16: Tunceli, Turkey - 2009 - celebration at the local Djemevi
17: Srinagar, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2010 - Kismat deluxe at the white mosque
18: Srinagar, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2010 - a sufi saint shrine
19: Srinagar, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2010 - Urs (pelgrimage) at a sufi saint shrine
20: Srinagar, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2010 - prayers at a sufi saint shrine
21: Srinagar, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2010 - prayers at the Urs
22: Suru valley, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2009 - islami school in a chiite valley
23: Suru valley, Jammu Kashmir (Indian Ad. Kashmir) - 2009 - back from school
24: Kurigram, Bangladesh - 2011 - in a slum
25: Kurigram, Bangladesh - 2011 - market
26: Kurigram, Bangladesh - 2011 - in a slum
27: Manshera, North-West Frontier Province, Pakistan - 2006 - keeping the bird tied

Musique: The Ex & Tom Cora - State of Shock from the album Scrabbling At The Lock (1991)

Struzik, François

Mercredi, 25 Mai 2011 00:00 Published in Auteurs
francois-struzik-biyografik-not
Ses études en Langues et Littérature Slaves l’ont d’abord poussé à barouder en Europe Centrale et peut-être plus particulièrement en Pologne où il s’est installé quelque temps pour faire de la recherche avant de poursuivre des études en Sciences Po. Toujours en Pologne, il réalisera son premier reportage “Stocznia Gdanska” consacré aux ouvriers du chantier naval de Gdansk. Ce reportage initiera la série “HavendoK” - en collaboration avec la journaliste sonore Cécile Liège - qui se tourne vers ceux qui restent sur les quais de Calais, d’Anvers ou de Boulogne: dockers clandestins, migrants, marins,...

Son travail de photo-reporter pour la presse magazine l’emmène ensuite au Pakistan, en Inde, au Sierra-Leone, au Kosovo... pour travailler sur des questions de société.

Outre HavendoK, il continue à travailler sur des sujets (plus) personnels consacrés: aux soufismes populaires de par le monde musulman, au deuil au Cachemire (state of shock) et actuellement... aux "filles qui boxent".

Co-fondateur de l'organisation "image of dignity" qui regroupe des professionnels de l'image au service de projets humanitaires (www.imagofdignity.org). Membre de l'agence REPORTERS.
Quelques cols enneigés rythment la route depuis Pristina mais c’est au fond d’une plaine morne que l’on trouve Prizren adossée aux montagnes qui séparent le Kosovo de l’Albanie et de la Macédoine. Enclavée entre la rivière et le flanc des montagnes, la ville de pierres a su préserver les beautés que lui ont imposées ses occupants tout au long de l’histoire.

Le minaret de la mosquée Sofi Sinan-Pasha - dont les murs massifs de pierres blanches dissimulent la finesse des arabesques décorant le dôme - domine la ville, les dizaines de minarets blancs rythmant le ciel lui faisant écho. Les hommes, portant fez et moustache, assis par deux sur les murs de pierres, mâchonnant des fruits sec tirés de leur poche, confirment que Prizren est bien un point avancé de l’Orient en Europe. A l’abri derrière la rivière et son pont de pierre, la vieille ville semble ignorer le ballet des bus et camions en provenance d’Istanbul, Skopje ou Pristina et les ruelle étroites qui grimpent sur la colline rendent la circulation hasardeuse. Des murs épais de pierres et de poutres horizontales s’ouvrent par de lourdes portes de bois sur des cours fraîches et proprettes que les femmes, à l’abri des regards, décorent de fleurs. Dès les beaux jours, elles jettent de l’eau sur le sol et dans la rue pour se protéger de la poussière.

Dans chaque quartier, les lieux de cultes dévoilent une mosaïque de religions: musulmans sunnites ou chiites, catholiques, orthodoxes, juifs et ... soufi. Une façade anonyme, un portail de fer abritent une des nombreuses Teqe de la ville appartenant au Tariqat - ou voie du soufisme - Rufai. Dénuées de minaret, les Teqe sont les lieux de culte derviche, à l’ornementation délicate et rude à la fois: des épées, bâtons et autres armes servant à rappeler le combat contre les démons, des tambourins, sont attachés au mur sous des poèmes en arabe finement calligraphiés. Le premier jour du printemps, alors que les jeunes se préparent à la cérémonie du Sultani Nevruz, le Cheikh et ses derviches - c-à-d ses “frères” - assis par terre dans la Teqe d’hiver surchauffée, sirotent du thé sucré dans des petits verres qu’ils déposent ensuite sur des soucoupes en argent. Costume noir trois pièces, porte-cigarette et moustache de rigueur, les derviches accueillent avec affabilité l’étranger. L’air enfumé, la vieille horloge chinoise et les armes au mur plongent la scène hors du temps . Les invités venus des communautés voisines de Gjakovë, Oharovec ou des villages de montagnes s’entassent sur les coussins après avoir offert argent et cigarettes au Cheikh qui redistribuera ces dernières en les lançant habilement aux plus âgés. Les personnes les plus sages de la communauté - qui se reconnaissent à la hauteur de la bande noire qui couvre leur fez - se retrouvent dans la pièce voisine où les jeunes répètent les chants et poèmes sous le portrait de l’Imam Ali et de son épée à deux-pointes. Le fils aîné du Cheikh est particulièrement attentif car c’est à lui que reviendra la charge de conduire spirituellement la communauté. Au mur, des photos noir et blancs d’ancêtres derviches dans la poussière d’une petite ville ottomane atteste de la lignée des Cheikh de la Tariqat.

Habillés de blanc et de noir, les homme entrent dans la grande Teqe sous le regard des femmes massées aux balcons. Assis en cercle, ils attendent le Cheikh, maître d’oeuvre de la cérémonie. Rythmés par les tambourins et les voix, les derviches entrent en légère transe dans une danse où ils font corps. De gauche à droite, assis en tailleur, leurs torses suivent le rythme des prières et des poèmes. La généalogie des prophètes est psalmodiée jusqu’à Ali et Mohamed. A l’appel du Cheikh et en commençant par les plus jeunes, les derviches s’avancent, le Cheikh leur transperce la joue d’une aiguille ou d’une pointe en fer appelée “zarp”. Quelques gouttes de sang perlent mais la douleur semble absente. Les derviches s’écartent pour laisser place à leurs frères les plus élevés spirituellement. La musique et les chants bondissent d’intensité: dans une chorégraphie sensée défier les démons, les derviches choisis se percent la gorge et la taille avec des pointes et des sabres. Le chant est à son comble mais sur un mot du Cheikh, les derviches reviennent au monde en quelques secondes et rient aux éclats. Après quelques verres de thé, ils se dispersent dans la ville, comme si de rien n’était, en se saluant affablement. Sur le chemin du retour, ils croiseront leurs compatriotes une bougie à la main se rendant à la célébration pascale dans la cathédrale catholique voisine.