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B wie Bumerang

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Le boomerang est une arme de jet d’origine australienne capable de revenir vers le lanceur.

Le boomerang n’est donc à l’origine ni un élément du folklore, ni (contrairement à ce qu’il voudrait bien à première vue donner à entendre, si on le laissait faire) un vocable du dialecte alsaciens. Et, j’entends d’ici quelque puriste à corps et à cri défendre la position selon laquelle on pourrait, dès lors, très bien en rester là et s’en passer, voire en interdire l’usage. Voire…

Sauf que…, sauf que, et d’une, on ne laissera pas le premier venu faire et que de deux, on se gardera bien d’autoriser les seconds à en rester là, vu que, d’une part, le boomerang est aussi ce terme par extension utilisé afin de désigner d’un acte, lorsqu’il se retourne contre son auteur, l’effet (lequel peut prendre, selon le cas au sens figuré au détour d’un bois d’un retour de flamme le tour) et que, de l’autre, ça se saurait si l’orthographe n’était pas que pure convention – pour ne pas dire née de pure invention – proposée par quelques-uns quelque part il y a quelque temps à quelques autres – qui au reste acquiescèrent, qu’on soit bien d’accord.

Qu’il ne nous soit par conséquent, ni ici et ni nos jours, inconcevable d’imaginer un Bumeràng à la mode locale pour mieux coller à la cause encore commune (qu’à l’énoncé déjà on le tient bien); ni, à plus grande échelle et dans la durée, impossible de songer à former du boumerangue une version accordée à l’accent de l’hexagone pour au mieux correspondre avec son franc-parler, ne nous fera pas taxer d’inconséquence. Surtout si c’est fait dans un souci d’intégration sociale.

De fait, le boomerang / Bumerang / boumerangue (que pour simplifier nous désignerons dorénavant par sin initiale), le b, dirons nous donc, a bel et bien, non seulement sa place ici et ailleurs sur le territoire national – voire au-delà dans tout l’espace de la francophonie –, mais, aussi et surtout, un bel avenir dans nos idiomes respectifs. Le b est l’arme de jet capable de revenir vers le lanceur, mieux vaudrait se le tenir une fois pour toute pour dit. En effet – et ce n’est pas celui qui, pour avoir acheté un b neuf cherche depuis à se débarrasser de l’ancien, désormais, vous dira le contraire – wer nicht hören will muß fühlen avec ce drôle d’oiseau-là.

Aussi pour prévenir afin de n’avoir pas à pleurer toutes les larmes de son corps, apprenons à faire, face à un imaginaire retour de b, bonne figure. D’abord notons : dans ce genre de circonstances, on a beau dire – et c’est fou quand on y pense tout ce que l’homme peut inventer et la femme faire dire (et vice versa) à de simples mots dès qu’ils se mettent à forer – on ne fait que bàble dumm ; on a beau faire comme si lancer des bouteilles à la mer, envoyer des tas d’s.o.s et de s.m.s servir à quelque chose : bäberlebäb de tout ce Bàbelwàsser.

Illico tirons-en la leçon : qu’on se fasse braire tout seul comme un âne ou suer en troupeau comme des bêtes à chercher un Baum (arbre) derrière lequel se cacher. Le meilleur, qu’il soit Beld, (peuplier), Birrick, (bouleau), Baobab (baobab), ne pourra dissimuler la forêt (de Wàld).

Lorsque la vie (‘s Lewe), a décidé, par un de ses mouvements, dont au fond elle seule a le secret, de nous rattraper, bon gré, malgré, en réalité ça le fait, et (depuis le Bàbelturm, au plus tard et le big bang au plus tôt ça se sait) plutôt deux fois qu’une, en général.

Also, enfin, la preuve par a plus b étant faite, tenons nous prêts, comme le dit la définition du mot scout, toujours à toutes éventualités et venons-en à la conclusion.

Salü bisàme un bis ball.

[aline martin] (bb 4-5/’05)