Nous sommes tous les enfants de l’infini. Quand l’infini nous saisit, on ne peut se tromper, on sait que c’est lui. L’évidence est comme un nerf qui réagit dès qu’on le touche. Irruption de l’ineffable, les jacasseries s’éloignent.
L’enfance est le royaume de l’indifférencié. Alors la joie, la peine sont là mais il n’y a personne pour les revendiquer. Devenir quelqu’un c’est sortir de cette royale intimité. C’est passer de la méditation à la préméditation.
Le poème nous invite à rejoindre la neutralité éblouissante, le centre incolore et sans limite où le monde à chaque fois s’éveille, s’enflamme et nous enchante.
L’éveil
d’une seule vague
secoue l’aurore
fait tomber les rêves
Le jour
s’ébroue
dans l’eau claire du matin
LA MARCHE
Espace instantané de l’esprit
transparence fraîche
limpidité sans limite
Armé d’une source d’eau pure
je fais du porte à porte
Les chemins sont des rivières immobiles
dès que je marche elles se remettent à courir
LA RECONCILIATION
Il suffit de parler calmement
pour qu’à nouveau les oiseaux reviennent
se poser entre les mots
LE SANS-NOM
Je dessine un cercle
pour voir l’oeil
qui me regarde
L’INDICIBLE
Le poème
est le chant
d’un muet
LA QUETE
En chemin j’ai mis
le blé à mes hanches
et le ciel sur l’épaule
Plus loin
d’une main aveugle de bijoutier
je vérifie la nuit
LA FLAMME
Ne suis-je pas cette flamme allumée dans mon corps ?
Même mon corps a lieu dans sa lumière
La chance de ma vie c’est ma vie
—————————————- Extraits de “Le Vol du Loriot”, Arfuyen, Paris-2005
Enfant, accroupi dans un sous-bois de pins, j’observais une fourmilière. Les fourmis, affairées, couraient dans tous les sens. Je les savais ignorantes de mon regard et cette connaissance vive et immédiate, m’incitait à penser que peut-être le ciel, comme une immensité aussi transparente que mon regard, m’observait de la même façon, moi, mes congénères et tout ce qui s’agite à la surface de la terre.
Nous sommes tous les enfants de l’infini. Quand l’infini nous saisit, on ne peut se tromper, on sait que c’est lui. L’évidence est comme un nerf qui réagit dès qu’on le touche. Irruption de l’ineffable, les jacasseries s’éloignent.
L’enfance est le royaume de l’indifférencié. Alors la joie, la peine sont là mais il n’y a personne pour les revendiquer. Devenir quelqu’un c’est sortir de cette royale intimité. C’est passer de la méditation à la préméditation.
Le poème nous invite à rejoindre la neutralité éblouissante, le centre incolore et sans limite où le monde à chaque fois s’éveille, s’enflamme et nous enchante.
*
le seuil
L’éveil
d’une seule vague
secoue l’aurore
fait tomber les rêves
Le jour
s’ébroue
dans l’eau claire du matin
*
la marche
Espace instantané de l’esprit
transparence fraîche
limpidité sans limite
Armé d’une source d’eau pure
je fais du porte à porte
Les chemins sont des rivières immobiles
dès que je marche elles se remettent à courir
*
la réconciliation
Il suffit de parler calmement
pour qu’à nouveau les oiseaux reviennent
se poser entre les mots
*
le sans-nom
Je dessine un cercle
pour voir l’oeil
qui me regarde
*
l’indicible
Le poème
est le chant
d’un muet
*
la quête
En chemin j’ai mis
le blé à mes hanches
et le ciel sur l’épaule
Plus loin
d’une main aveugle de bijoutier
je vérifie la nuit
*
la flamme
Ne suis-je pas cette flamme allumée dans mon corps ?
Même mon corps a lieu dans sa lumière
La chance de ma vie c’est ma vie