© reha yünlüel
Question : quel rapport entre Schang, légendaire anti-héros alsacien, Don quichotte et un Bananasplit ?
Réponse : y’en a pas, sauf…. André Weckmann.
André est et restera l’homme de la rencontre. Rencontre avec, autour et au cœur de ses textes, rencontre avec l’auteur, c’est-à-dire l’homme drôle, bon, généreux jusque dans son exigence, envers lui-même, envers les autres. Car il n’est pas de ceux qui distinguent entre la vie et l’œuvre.
Schang, ce fut la première rencontre, sous la direction de Joseph Schmittbiel, rencontre avec l’humour, l’intransigeance la précision d’une poésie qui fait mouche, quand elle pointe les incohérences des humains, ja d’normàl Heimet vum Mensch isch de Goulag… Poésie qui sait se faire tendre en ses pour-parlers d’amour entre les langues, où la Muedersproch occupe la place de choix – eri Sunn schint noch lang
Don quichotte, elsässisch bien sûr, dem die Sonne, zum Schild würde und das Münster zur Lanze. Deuxième rencontre et beau compagnonnage entre six comédiens amateurs et un musicien, Jean-Pierre Albrecht. Bonheur de parcourir cette envolée lyrique, d’une langue à l’autre sans avoir à faire de choix ! Véritable travail aussi avec comme récompense parmi le public, les sourires radieux de André et d’Andrée… Lonis draeme…
Banasplit, enfin : rencontre avec les collégiens, son plus grand bonheur, le seul public pour lequel il se déplaçait encore. Le partenariat entre Culture et bilinguisme – René Schickele Gesellschaft et les collèges Fustel de Coulanges et Saint-Etienne dure depuis 2008 et André fut présent dès le début. Présence personnelle, empreinte d’écoute lors des échanges avec les jeunes, sur l’écriture, l’histoire, la guerre, la langue ; présence textuelle, avec sa pièce, que les élèves ont jouée devant lui en mai et juin 2012. Lors de la dernière le 16 juin, quel visage rayonnant, quel bonheur enfantin, André, face à tes quatre Stupsi ! Découvrez Banasplit, pour connaître sa fantasque héroïne – et les véritables raisons de la chute du mur de Berlin… dass i mem Noochber ewer de Gardezün rätsche kann
Ce jour-là André m’a dit sa lassitude face aux veines disputes opposant ceux qui, pour la plupart ses amis, travaillent pourtant dans un même but. «Je n’ai plus de temps, disait-il, à consacrer à essayer de les réconcilier, j’ai encore tant à faire !» Plus le temps, ni l’envie de voir ses amis se déchirer. Saurons-nous relever le défi qu’il nous laisse et, pour le pleurer comme il faut, lui témoigner notre amitié wie sich’s ghert, œuvrer ensemble à donner vie à son rêve d’Alsace ?



