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À ma mère

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Je n’ai pas su
Je n’ai pas pu
Je n’en avais pas le pouvoir.

Tu ne m’as pas voulue,
Je ne comprenais pas.
Alors, je ne pouvais que penser
Que tu ne m’aimais pas
Ce que je pouvais concevoir sans peine
Et sans ressentir de peine.
Tu avais tes raisons.
Je ne suis pas née aimable,
Physique décalé,
Je le voyais bien.

Lorsqu’un jour tu es sortie
De la maison, en courant,
Pour aller te jeter dans le canal,
Je t’ai cherchée partout.
Place Dauphine, j’ai fini par te trouver
Assise sur un banc en pierre,
Fatiguée par ta course,
La tête légèrement penchée sur le côté,
Le visage fermé.

L’Eternel, béni soit Son Nom,
Tu étais vivante !
À quelques mètres seulement du canal.

Je me suis jetée à tes pieds,
J’aurais aimé poser ma tête sur tes genoux
Que je connais par cœur,
Je n’ai pas osé.

Je t’ai demandé pardon, pardon,
Je ne savais même pas
Ce que j’avais à me faire pardonner
Sinon d’être née.

Je t’ai dit que je ne serai plus jamais méchante,
Que je ferai tout ce que tu voudras
Mais ne meurs pas,
Ne m’abandonne pas.
Je t’ai suppliée,
Suppliée.

Tu as fini par te lever,

Tourner le dos au canal.
Je t’ai suivie comme un chien
Mais je n’étais pas le tien.

Si tu avais pris ma main dans la tienne
Je m’en serais souvenue.

Tu as dû le faire plus tard

Lorsque tu as recouvré tes esprits.
Tu n’as proféré nulle parole
À aucun moment
Depuis que tu avais quitté ta maison.

La porte s’est refermée derrière nous.

Je n’étais pas rassurée sur mon sort.
Mais tu étais revenue chez toi.
Avec moi.
Merci, maman.